The Nabatean Mystery

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Petra. « The Nabatean Mystery »

Voici le texte diffusé avec le reportage en 1982

L’ATLANTIDE DES SABLES/ PETRA L’ETRANGE CITE NABATEENNE

Difficile d’accès, protégée par une gorge étroite et encaissée entre les rochers, de nos jours encore, 1’ancienne cité Nabatéenne de Petra en Jordanie garde un parfum de mystère et d’étrangeté.

Les Nabatéens qui vivent aujourd’hui à Pétra dans leurs demeures troglodytes sont les descendants d’un peuple guerrier et nomade dont les caravanes allaient de la Mer Rouge à la Méditerranée. Ils n’étaient pas plus de 10.000 organisés en royaume indépendant 1 siècle ayant et 1 siècle après Jésus Christ et redoutés par leurs voisins.

Toutes les influences du monde antique se croisent à Petra, dont les grès bigarrés et taillés en colonne portent les traces des dieux arabes et gréco romains.

Après avoir grouillé d’activité, la ville est morte doucement, protégée par sa géographie, elle n’a été connue que vers 1812 grâce à un jeune explorateur : Burckhardt. Mais les habitants n’hésitaient pas à massacrer les curieux, et il a fallu attendre 1956, pour qu’une blanche : Diana Kirkbride soit autorisée par les habitants à vivre dans la cité interdite.

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Arriver jusqu’à Petra c’est en soi une aventure. La ville est secrète, cachée dans les montagnes et est restée inconnue du monde occidental jusqu’en 1812, au moment où, pour la première fois après les croisés, un blanc, l’explorateur anglo suisse Burckhardt l’a redécouverte.

En traversant la vallée du Jourdain, séduit par les histoires qui circulaient parmi les bédouins sur une ville mystérieuse aux ruines magnifiques, nichée dans la vallée de Moïse, là où le prophète frappa le rocher pour en faire jaillir de l’eau. Burckhard emploie un stratagème et explique à son guide qu’il veut sacrifier une chèvre sur la tombe d’Haroun (Aaron) de crainte de s’attirer la colère du Dieu, le guide ne peut refuser de conduire le jeune explorateur jusqu’à la tombe, mais devant sa curiosité en face des ruines antiques, le guide prend peur, craint qu’il ne soit en réalité un chasseur de trésors, le menace de son fusil et l’oblige à repartir.

Les Nabatéens, après que Burckhard ait fait part de sa découverte au monde occidental, refusent toujours de laisser les occidentaux pénétrer dans leur ville interdite, ils vont même jusqu’à massacrer ‘les membres de la Légion Arabe qui protègent les visiteurs. Pourtant, en 1956, Miss Diana Kirkbridge, une intrépide anglo saxonne réussit à s’installer seule dans la ville pour y faire des fouilles. Le seul problème qu’elle aura à affronter sera une dispute avec un indigène désireux d’être employé sur les fouilles.

De nos jours, on peut visiter Petra en toute sécurité, mais cela n’en reste pas moins une expérience unique. On ne peut entrer qu’à dos de chameau, de cheval, d’âne ou de mulet, ou à pied, à cause de l’étroit défilé qui protège l’entrée, et on est immédiatement frappé par la splendeur de l’architecture antique et des ruines gréco romaines et arabes inscrites dans le grès bigarré qui est la pierre de Petra qu’on pense d’ailleurs être la pierre d’Edom la cité historique et prophétique de la Bible.

Le peuple de Petra était riche, il s’agissait de commerçants dont les caravanes allaient de la Mer Rouge à la Méditerranée, portant l’encens, la myrrhe et les aromates à dos de chameau. Les Nabatéens vendaient également aux Phéniciennes de riches robes de pourpre, et défendaient jalousement leur royaume que même Ptolémée n’a jamais pu soumettre.

Les Nabatéens avaient leur propre langage et leur propre écriture, celle ci ressemble un peu à l’écriture hébraïque ancienne, mais allongée verticalement. Ils liaient les lettres les unes aux autres et les spécialistes reconnaissent que l’Arabe moderne doit beaucoup au système d’écriture

Nabatéen. Ils représentaient leur dieux à l’aide de pierres dressées, et pratiquaient une religion aniconique, où comme dans la religion arabe on ne représente pas le dieu physiquement. On offrait des sacrifices aux dieux en faisant couleur le sang sur la pierre le représentant. Nous connaissons deux de leurs dieux : Dushara et Allat, Allat est toujours symbolisé par un bloc de pierre ou d’obélisque.

Le premier roi des Nabatéens dont nous ayions conservé la trace se nomme Aretas Ier environ 200 ans avant J.C, c’est vers lui que s’est tourné Jason, grand prêtre de Jérusalem après avoir été jeté hors de chez lui. En 90 avant J.C, Oboda Ier reprend Moab et Gilead les villes capturées par Alexandre le Grand. Sous Aretas III son fils, le royaume s’étend jusqu’à Damas et Pompée l’Empereur Romain envoie une expédition contre lui, mais Aretas III défait l’armée romaine préservant l’indépendance de Petra. Au temps d’Hérode, le roi Obodas III s’allie à César contre Hérode, après qu’Hérode lui ait refusé la main de sa soeur Salomé…. Et le commerce de Petra continue à prospérerer. Au temps de Néron, le roi de Petra aide les Romains contre les Juifs, puis on n’entend plus guère parler de Petra, jusqu’à la mort de son dernier roi Rabel III en 106 après J.C, date à laquelle Petra est annexée par Rome et devient une province romaine. Ce qui explique les ruines romaines de la rue principale de la ville…./…

Curieusement, on n’a pas retrouvé de monnaie d’or à Petra et seulement quelques pièces d’argent, ce qui explique peut etre la crainte qu’ont les habitants des chercheurs de trésors, peut être savent ils eux où est la monnaie de Petra… Après la conquête romaine, la ville comme le reste du Moyen Orient est conquise par le christianisme, au 5ème siècle, il y eut un Evêché de Petra, et une église. Au 7ème siècle c’est l’Islam qui devient la religion dominante, puis c’est l’obscurité, à l’exception d’un château construit par les Croisés au XIIème siècle, et Petra reste tranquillement à l’écart jusqu’au début du XIXème.

Mais tous ceux qui l’ont vue, et ils ne sont pas encore très nombreux s’accordent pour dire que Petra c’est d’abord l’émerveillement, l’émerveillement devant les couleurs, l’ochre, le jaune, le gris, le blanc qui strient les pierres de grès, devant les façades taill¤es à même le roc qui brillent dans le soleil après qu’on émerge de l’obscurité del la gorge qui permet d’accéder si difficilement à la ville. Le visiteur s’arrête le souffle coupé, s’attendant presque à voir surgir une nouvelle Antinéa d’une des demeures creusées dans le roc de cette Atlantide des sables qu’est la ville de Petra.

SIPA PRESS REF 14466

Michel Setboun

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