Le Caire la renaissance d'une ville. Editions de la Martinière. 2010

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Le Caire. L’une des dernières villes au monde où je retrouve, intactes, les émotions de mon premier voyage en Orient – c’était en 1969, à Istanbul. Depuis notre toute première rencontre, l’envie de la photographier ne m’a pas quitté. Mais, prudemment, je repoussais ce désir à plus tard. Elle m’intimidait : trop complexe, trop vaste… Par où commencer ? Comment pénétrer cette cité-monde surpeuplée, grouillante, bruyante et poussiéreuse qui a poussé à l’ombre envahissante des pyramides ?
J’y reviens inlassablement, à la recherche d’un Orient perdu, avec cette sensation d’entrer dans un film qui ne finirait jamais. Artisans, commerçants, porteurs d’eau s’y agitent, entre les pierres de sites historiques millénaires qui n’ont pourtant rien de décors de cinéma. M’égarer dans ses ruelles et me laisser surprendre. L’Orient seul autorise que l’on perde son temps. Le Caire n’est pas une ville-musée, propre et aseptisée. Elle vit, cahin-caha. Elle va droit ou de travers. Héritière de son passé, elle est, surtout, fière de l’énergie de ses habitants. La vieille ville a conservé une allure campagnarde. On peine à y survivre, les calèches et les charrettes à bras rythment le quotidien de certains quartiers. Les Cairotes sont de singuliers paysans urbains. Des centaines de pigeonniers fleurissent le toit des immeubles. Au crépuscule, à l’appel de la prière, des milliers de colombes s’élancent dans le ciel, à l’assaut des minarets.

Un jour, au hasard d’une promenade, nous sommes tombés sur le chantier de fouilles du rempart fâtimide. Jusque-là, je n’avais pas conscience de l’ampleur des travaux dispersés aux quatre coins de la ville. J’ai alors compris que c’était le début d’une nouvelle histoire. Un projet titanesque. Bien sûr, il s’agit de restaurer les dizaines de monuments historiques. Mais c’est le cœur de l’ancienne cité qui va revivre, celle-là même qu’aujourd’hui encore, une autoroute suspendue déchire d’est en ouest.
Pour saisir l’enjeu, il faut rêver un peu, imaginer le Caire il y a quelques siècles, quand le Nil coulait aux pieds de son rempart. La rue al-Mu’izz, artère principale de la cité médiévale, filait parallèlement au fleuve. La cité s’organisait autour, selon le même axe naturel, nord-sud. Sa restauration a pour objectif de retrouver cet axe ancestral. Ainsi Le Caire renouera avec son glorieux passé.
J’espère, modestement, qu’en feuilletant ces pages, vous aussi sentirez passer le souffle têtu de l’Histoire.

 
 

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