L e photographe


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Un joyau nomme Big Apple
Oh ! C'est haut, se contentait de chanter Gainsbourg dans New York USA. Dans Vertigo, livre flamboyant, Michel Setboun partage sa vision intime et somptueuse de New York. Une evocation lyrique, comme la reponse d'un artiste a un certain 11 septembre." J'aime New York depuis le premier jour". La preface annonce la relation inconditionnelle de Michel Setboun a la ville qui continue de faire rÍver ceux qui ne la connaissent pas et plus encore ceux qui ont eu le bonheur de s'y perdre. Citant Celine ou plutot les emois de Bardamu, son double du Voyage au bout de la nuit, Setboun evoque a trente ans de distance le vertige qui l'assaillait a son tour quand il faisait ses premiers pas dans Manhattan, le nez en l'air, cherchant les cimes des buildings. Dans ce livre au titre emprunte non pas a Celine mais a Hitchcock, Setboun libere, intact, cet etourdissement de jeunesse qui commenÁait sa longue histoire d'amour. Mais il n'est pas donne a tout le monde d'aimer New York au premier contact. Tout epate qu'il est par cette "ville debout", Bardamu commencera par faire l'experience du tri d'immigrants d'Ellis Island, avant de trouver que tout n'est pas drole en Amerique et c'est aussi ce qu'observait le Danois Jacob Riis en debarquant cent ans avant Setboun. Quand il photographie New York en 1955, le jeune William Klein ne fait pas une decouverte, il retrouve la ville detestee de son enfance pour regler ses comptes avec elle. Ne pas montrer le mÍme visage a chacun, se faire hostile ou accueillante, c'est aussi un des dons de Manhattan. Setboun, assurement, appartient a ceux qu'elle seduit visceralement, sans lassitude, et on reconnaitra dans le nombre un certain Woody Allen.


Les jubilations de l'architecte
Le beau livre edite aux editions de La Martiniere deploie dans ses pages a l'italienne les multiples emerveillements d'un photographe qui a decide de donner a Manhattan un ciel toujours bleu ou la constellation des lumieres de la nuit. Grand reporter, auteur de sujets publies dans toute la presse magazine, titulaire de nombreux prix, Setboun aurait pu se laisser aller a la photogenie naturelle de Big Apple, faire une pause en cartes postales. L'architecte diplome qu'il est aussi a su au contraire tirer parti de ses multiples voyages a New York pour en faire une exploration extravagante. A le suivre quand il passe sans prevenir du granc angle au teleobjectif, quand il recourt a la contre-plongee ou au panoramique, on partage le depaysement qui se renouvelle a chaque carrefour de rue et d'avenue, dans ; maniere de biaiser la trame orthogonale de Manhattan, comme le feraient Su perman ou Spiderman devenus poetes. Se donne des ailes pour visiter une ville qui emerge de la foret de Central Park pour gratter le ciel, c'est bien le moins. Les voitures vues de si haut deviennent des jouets et les New-Yorkais d'Evans, de Klein et Faurer disparaissent par enchantement: tout juste voit-on une foule perdre ses pas dans le hall de Grand Central Station. Tout ce qui fait la beaute de Manhattan est la, ses ponts majestueux, son Fl< Iron, Times Square et ses quartiers d'artistes qu nous ouvrent un de leurs ateliers. A sa maniere, Setboun qui fut un des temoins de la tragedie alqai dienne du World Trade Center reste un contemplatif, tout comme ce jeune cycliste en arret sur le rivage de Brooklyn, face au dialogue nocturne du Chrysler Building et de l'Empire state Building. U: contemplatif solitaire, voire egoiste, mais qui finit par partager ce decor de paradis, a visiter en ecoutant Gershwin.
Herve Le Goff


Michel Setboun. New York Vertigo.
192 pages 36x24 cm, collection "24x36". Relie sous jaquette. Editions de La Martiniere, 45 euros.
LE PHOTOGRAPHE N∞1655

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