Paris VS Shanghai

Semaine de la Chine
Exposition du 20 au 26 septembre 2016
sur les grilles exterieures de la mairie du XVI em ardt. 71 avenue Henri Martin.
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Quoi de cmmun entre Paris et Shanghai, une cité en voie de muséification et une mégapole moderne en pleine explosion urbaine ? Et pourquoi faire dialoguer deux villes aussi contrastées ? Depuis plusieurs années, je travaille à un projet baptisé Lumière noire, sorte d’oxymore pour raconter des cités plurielles et polymorphes, emblématiques du monde contemporain. Une collection de livres, que j’ai imaginée dans l’esprit "série noire". S’est alors naturellement imposé le choix de villes aux identités fortes, qui me sont familières pour y avoir souvent travaillé : Paris, New York, Lisbonne, Londres, Venise, Tokyo mais aussi Shanghai… Et comme la semaine de la Chine coïncidait avec la publication de mon livre Paris lumière noire (Éditions de de la Martinière), j’ai eu envie de confronter Paris à cette très lointaine cousine asiatique dans un jeu de miroirs.

Le noir et blanc ne relève pas du parti pris artistique (quoique), mais plutôt "conceptuel". Effacer le coté exotique généré par la couleur me permet d’aller à l’essentiel, en quête de ce qui rassemble et rapproche plutôt que de ce qui éloigne et différencie. Hier infiniment contrastés, les espaces urbains tendent à s’uniformiser aux quatre coins de la planète, les architectes ignorant désormais les frontières. Avec la pyramide du Louvre, le chinois Pei a marqué d’une empreinte indélébile le centre de Paris, alors que dans le même temps, Portzamparc, Foster, Nouvel ou Gerry réinventent la Chine.

Je ne photographie pas Paris comme New York ou Shanghai, d’autant qu’en France, pays qui a vu naître la photographie, la législation sur le droit à l’image a transformé les photographes en quasi délinquants. Dans mon livre sur Paris, j’ai dû ainsi faire disparaître les êtres humains, métamorphosant les Parisiens en ombres méconnaissables errant au cœur de la nuit. À l’inverse, à  Shanghai, je retrouve une liberté et une fraîcheur d’enfant, une spontanéité de l’image. Dans cette cité grouillante et surpeuplée, la vie bouillonne, au pied des gratte-ciel. Tous ces petits métiers aujourd’hui disparus de nos villes, colporteurs, marchands des quatre saisons, vendeurs en tout genre m’évoquent le Paris perdu des photographes humanistes. Comme si les mégapoles post-modernes lorgnaient subrepticement vers le passé, quand les capitales européennes rêvent presque clandestinement de futurisme… C’est aussi cet aller-retour permanent dans le temps, au-delà de la distance, dont cette exposition se veut l’écho.